| 1. Le
principe de la démarche |
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Dans le cadre du Projet d'établissement des Ecoles
communales de Martigny, les enseignants ont adopté une Charte,
qui stipule à l'alinea 5: "l'école refuse l'exclusion
sous toutes ses formes et s'organise de façon à permettre
à tout élève de suivre la classe avec les camarades
de sa catégorie d'âge". Comme le précise
notre Directeur, "ce choix relève de principes éthiques
et sociaux avant d'être un choix pédagogique; il s'inscrit
dans le cadre de la mission éducative de l'école qui veut
refuser l'exclusion, qui veut promouvoir le sens de la solidarité,
de l'entraide et de la tolérance |
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En pratique, cela signifie qu'à Martigny, il n'y a plus de classes
dites "spéciales" (d'adaptation, d'appui, de développement,
d'observation,... ou autre, selon les terminologies locales). Par contre,
les structures mises en place doivent permettre le maintien de tous les
enfants dans les classes ordinaires, pour autant évidemment que
les parents concernés le souhaitent, et que des mesures d'accompagnement
efficaces soient offertes. |
| 2. Organisation
pratique |
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Dans chaque degré (si nécessaire) une classe au moins
accueille des enfants handicapés. |
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Sur le plan administratif, il existe pour ce groupe deux classes: l'une
d'adaptation, l'autre... ordinaire. Dans la pratique, et pour les enfants
surtout, il n'y a qu'une classe... ordinaire, puisqu'aucune autre étiquette
n'existe plus dans notre école. |
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La classe est confiée à deux enseignants, dont l'un est
au bénéfice d'une formation spéciale en pédagogie
curative. Tous les enfants et leurs deux titulaires partagent toute la
journée le même local et les mêmes activités. |
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Tout en veillant à ce que l'enseignant spécialisé
garde la responsabilité des élèves handicapés,
le duo se répartit les activités scolaires à sa convenance,
collabore en permanence à la gestion de la classe, s'occupe indifféremment
des uns et des autres,... En gros, selon les cas (genre d'activité,
potentiel des enfants, type de handicap,...), les élèves
participent ensemble aux activités collectives. Pour les travaux
de groupes ou les périodes individuelles, là où les
situations, exigences et exercices sont plus faciles à adapter
aux possibilités de chacun, l'enseignant spécialisé
s'occupe plus particulièrement des enfants handicapés. |
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Comme l'école de Martigny a la responsabilité de prendre
en charge tous les enfants handicapés de la région, quelques
enseignants spécialisés de notre commune se partagent également
des classes de quelques villages voisins (Orsières, Fully, Isérables,...) |
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Les autres élèves en difficultés de la commune
sont eux aussi scolarisés dans les classes ordinaires. Ils bénéficient
cependant de cours d'appui intégré (l'enseignant spécialisé
vient périodiquement dans la classe). |
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Les élèves non francophones, accueillis également
dans les structures ordinaires de l'école, reçoivent un
soutien pédagogique sous la forme de cours de français intensifs,
donnés dans un local séparé. |
| 3. Les
conditions nécessaires |
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La mise en application de ce principe de non exclusion serait impensable
sans un environnement adapté et plusieurs conditions particulières.
- Les deux enseignants travaillant en duo doivent non seulement recourir
à des pratiques pédagogiques voisines, mais également
afficher beaucoup de connivence. Ils doivent être ouverts aux
principes d'un enseignement différencié, savoir stimuler
les interactions entre enfants différents, montrer par leur
enthousiasme que cette cohabitation est enrichissante pour tous.
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- Les locaux et les installations doivent être adaptés
à la situation particulière de ces classes, et tenir
compte surtout des divers handicaps. Une salle ordinaire est dans
la plupart des cas trop exiguë. C'est pourquoi plusieurs classes
de Martigny disposent d'un local plus spacieux, constitué de
deux classes contiguës dont la cloison de séparation a
été abattue.
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- Une équipe de collaborateurs (enseignant d'appui, psychologue,
psychomotricien, logopédiste,...) doit être à
disposition pour répondre aux besoins particuliers de chaque
élève.
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- La collaboration avec les parents doit être étroite
et soutenue et le principe de la démarche clairement explicité,
en particulier aux parents des enfants non touchés par le handicap.
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- Les autorités doivent bien sûr soutenir le projet,
et des moyens financiers doivent être disponibles.
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| 4. Conclusion |
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L'accueil des enfants handicapés ou souffrant de retard scolaire
dans les structures ordinaires de l'école se fait bien sûr
dans le respect des dispositions légales en vigueur dans le Canton
du Valais (loi sur les mesures en faveur des handicapés de mai
78, décret sur l'enseignement spécialisé de juin
86). |
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Dans son amorce, la démarche a surtout été due
à l'impulsion du Directeur. En adoptant la charte des Ecoles, les
enseignants de Martigny ont montré qu'ils partageaient la philosophie
de la Direction, et qu'ils adhéraient totalement au principe de
non exclusion. Quant aux associations de parents d'enfants handicapés,
par leur dynamisme et leur volonté de permettre le maintien de
leurs enfants dans les classes habituelles, elles ont largement contribué
à la réalisation du projet. |
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C'est à notre Directeur que nous emprunterons le mot de la fin:
"Cette école pour tous durera tant que les projets d'école
et de société retiendront dans leurs idées fortes
le refus de l'exclusion et en particulier le droit pour les enfants handicapés
de vivre avec tout le monde". |